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Masterclass - Paul Thomas Anderson - VOSTFR

Cette rencontre avec Paul Thomas Anderson a eu lieu à l'occasion de l'avant-première de son film Phantom Thread à la Cinémathèque française le 30 janvier 2018. Rencontre animée par Frédéric Bonnaud.

 

 

Fils d'un comédien travaillant à Hollywood, Paul Thomas Anderson est un enfant turbulent d'une fratrie de neuf : trois sœurs ainsi que cinq demi-frères et sœurs. Il est le seul d'entre eux à avoir poursuivi dans le show-business. Il fréquente la Buckley school (dont il sera exclu pour s'être bagarré et ses mauvaises notes), la Campbell Hall (école épiscopale) dans la San Fernando Valley, la Cardinal Cushing à Boston (où il redouble sa seconde), le Montclair College à Reseda (fin du secondaire) et l’Emerson University (pour 2 semestres à étudier l'anglais). 

 

Il reçoit de son père sa première caméra à 12 ans. Il décide très tôt de devenir cinéaste et réalise de nombreux petits films amateurs. Parmi eux, à 18 ans, il réalise The Dirk Diggler story dont il reprendra l'histoire dans une partie d'un de ses films : Boogie Nights (1997). Pour autant, il refuse le chemin prévu dans une école de cinéma (la pourtant reconnue New York University School) pour préférer apprendre directement sur le terrain : il quitte l'école de cinéma après deux jours et investit les fonds des cours pour aller à Los Angeles.

 

Il commence à la télévision comme assistant de production sur des téléfilms et des jeux télévisés (expérience qu'il utilisera pour Magnolia). C'est à cette époque qu'il réalise Cigarettes and Coffee, court-métrage avec Philip Baker Hall qui sera remarqué dans des festivals et en particulier à celui de Sundance 1993. Cette histoire de personnages qui se croisent dans un café préfigure le thème de la rencontre et le style choral qu'il affectionnera par la suite. Le film lui permettra d'obtenir le financement pour mettre en route son premier long, Double mise (Sydney). Ce premier film sera présenté au festival de Cannes 1996. 

 

Fort de ce succès et avec des moyens plus importants — un budget de 15 millions de dollars — il reprend le script de son premier court-métrage, Boogie Nights. On commence alors à comparer son cinéma à celui de Martin Scorsese et Robert Altman. Si les critiques sont parfois sévères (on évoque la prétention et le plagiat), d'autres au contraire relèvent la naissance d'un futur grand cinéaste (Newsweek, New York Times ou Los Angeles Times). Ce succès lui permet d'enchainer rapidement avec un film sur lequel il a un grand contrôle tant pour le choix des acteurs, la durée du film que le montage. Un peu plus de deux ans après Boogie Nights, sort Magnolia en décembre 1999 pour concourir aux Oscars avec la confiance de son distributeur. Le film n'est pas retenu dans les favoris, mais obtient trois nominations (scénario, second rôle pour Tom Cruise et musique) non converties, mais aussi l'Ours d'Or au festival de Berlin 2000 et surtout la reconnaissance d'une partie de la profession et des critiques.

 

Afin de garder le meilleur contrôle possible de ses films, il crée rapidement sa maison de production qu'il nomme Ghoulardi Film Company en hommage au personnage de série B d'horreur que son père, Ernie Anderson, avait créé pour un feuilleton de la télévision de Cleveland.

 

 

En 2010, il a un projet de film racontant l'ascension d'un chef religieux charismatique dans les années 1950, s'inspirant de la création de l'église de Scientologie12. Le film, The Master, a été refusé par Universal en raison de son budget, alors évalué à 35 M€13 ; il est repris par un autre studio, Anapurna, pour un tournage à l'été 2010 avec Philip Seymour Hoffman dans le rôle-titre.

 

En septembre 2010, le film est temporairement ajourné14 et il se lance alors dans la préparation de l'adaptation de Vice caché, roman de Thomas Pynchon. Le tournage de The Master débute finalement en juin 2011 pour une sortie américaine fixée au 12 octobre 2012 et une sortie française en 2013. Le film est présenté en avant-première au Festival de Venise et y est récompensé pour sa mise en scène et son interprétation. Paul Thomas Anderson devint le premier cinéaste à remporter le prix de la réalisation dans les trois principaux festivals européens. La critique [archive]loue encore globalement une forme originale et très maîtrisée en ligne avec l'impression déjà laissée par son précédent film, mais elle est moins unanime.

 

Il enchaîne en 2014 avec Inherent Vice un projet encore plus expérimental, avec Joaquin Phoenix dans le rôle-titre puis avec Phantom Thread, dont il tiendra aussi le rôle de chef opérateur.

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