• Facebook
  • Instagram
  • Twitter Horschamp

MASTERCLASS ALEXANDRE AJA

10.01.2018

 

Décembre 2003, après David Cronenberg, Dario Argento, Walerian Borowczyk, Paul Verhoeven, George A. Romero, Sam Raimi, Jean-Pierre Jeunet ou encore Quentin Tarantino, le jury du 36ème festival international du film de Catalogne à Sitges (illustre compétition consacrant le cinéma de genre et le cinéma fantastique) distingue Alexandre Aja comme meilleur réalisateur pour son second long-métrage : Haute Tension. 

 

 

 

 

Le jeune cinéaste, alors âgé de 25 ans, se voit placé sous des auspices rarement consacrés aux metteurs en scène de films de genre français. Haute Tension, avec sa radicalité novatrice, son scénario ciselé aux multiples renversements, ses décors de campagnes françaises et son remarquable casting (Cécile de France, Maïwenn et Philippe Nahon) détonne et marque un tournant dans l’histoire d’amour tortueuse entre la France et le cinéma d’horreur. Le film franchit toutes les frontières et s’exporte jusqu’aux Etats-Unis où Alexandre Aja ne tardera pas à devenir la nouvelle idole d’un public assoiffé de sensation forte et en quête d’une nouvelle génération de cinéastes désireux de retravailler la peur, l’horreur et la violence, les replaçant aux gouts métamorphosés du XXIème siècle.
 

Alexandre Aja se lancera alors dans une relecture contemporaine de l’histoire du cinéma horrifique, aidé de son ami d’enfance, collaborateur et co-scénariste, Grégory Levasseur. Les deux jeunes hommes se voient proposer par Hollywood la direction du remake d’un classique du cinéma d’horreur, réalisé en 1977 par le maitre du genre : Wes Craven. La Colline a des Yeux sort en 2006 et rencontre un immense succès international. Le public se laisse emporter dans ce sinistre et brulant cauchemar, mettant en scène le portrait d’une Amérique violente et sans concession. La critique encense le film et les Cahiers du Cinéma désignent Aja comme un petit maitre signant ici une belle surprise. Le long-métrage est adoubé et produit par Wes Craven en personne, qui ne tarit pas d’éloges à l’égard des talents du jeune cinéaste.
 

En 2007, Aja se lance alors dans la production avec le film d’horreur 2ème Sous-Sol du français Franck Khalfoun. Il enchaine avec l’écriture, à nouveau auprès de Gregory Levasseur, et la réalisation de Mirrors, remake américain d’un film sud-coréen de Kim Sung-Ho. 
 

Entre temps, la vague de remakes est abondamment alimentée par les studios Hollywoodiens, qui tentent de relancer l’intérêt pour de vieux classiques de l’horreur comme Vendredi 13, les Griffes de la Nuit ou Halloween. Essayant par la même occasion de retrouver un succès similaire à celui de La Colline a des Yeux en 2006. Après Wes Craven, Alexandre Aja met ainsi à l’honneur un autre cinéaste légendaire : Joe Dante, en s’attaquant au remake de Piranhas en abordant de nouvelles technologies permettant une utilisation enfin concluante de la 3D. Il y déchaine d’impressionnants moyens techniques en vue d’offrir un spectacle dantesque, dépeignant un mythe plus moderne du american way of life. Représentation sociétale dans la tourmente et mise à mal par l’emploi de la dérision, de l’absurde et de l’ultra-violence. Le décor sordide choisit pour subir ce courroux horrifique n’est autre que le spring break, emblème d’une nouvelle génération américaine apolitique, vulgaire et en perpétuelle représentation narcissique. En lâchant quelques piranhas préhistoriques au cœur de ce « joyeux bordel », Alexandre Aja propose l’un des spectacles en 3 dimensions les plus réjouissants de l’histoire du cinéma.
 

Le cinéaste produira ensuite le remake de Maniac de William Lustig, à nouveau signé de son ami et concitoyen Franck Khalfoun, avant de préparer un projet d’une toute autre ambition : l’adaptation d’un roman fantastique à succès : Horns, qui sortira en 2014. Aja, toujours en phase avec son temps, y met en scène Daniel Radcliffe au sortir de la saga Harry Potter. Il y place le héros de toute une génération dans une posture à contre-point, allant jusqu’à évoquer les démons intérieurs de l’acteur vedette : la part sombre du succès, de la médiatisation et même l’alcoolisme. Le metteur en scène goute ici à des variantes dans son approche de l’horreur en prenant le temps de mettre en place une atmosphère poétique et fantastique, flirtant avec les registres du merveilleux. 
 

Travaillant à nouveau au cœur d’une branche du cinéma fantastique consacrée aux jeunes adultes, il mettra en scène La 9ème vie de Louis Drax, autre adaptation de roman à succès, sortit en 2016. A présent, Alexandre Aja ambitionne de revenir à l’horreur et au gore en mettant en scène des alligators dans un film produit par Sam Raimi et attendu de pied ferme par ses admirateurs du monde entier…

 

À l’occasion de son passage à Paris, rencontre avec le digne héritier des plus grands maitres du genre.
 

Réservez vos places : k6.re/masterclass-aja

Jeudi 11 octobre à 20h au Gaumont les Fauvettes

animé par Léolo Victor-Pujebet et Mathieu Morel

Please reload