Masterclass - Wim Wenders - VF

Le mardi 14 avril 2015 à 20h, rencontre avec Wim Wenders animée par Pascal Mérigeau. C’est une des figures les plus marquantes du cinéma mondial des 45 dernières années qui le 14 avril à 20h donnera sa Master class. Depuis le début des années 70, en effet, le nom de Wim Wenders est connu des cinéphiles, qu’ils l’aient découvert avec Summer in the City (1970), son premier film, ou plus vraisemblablement avec L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty (1972), fruit de sa collaboration et de son amitié avec Peter Handke, Alice dans les villes (1974) ou Au fil du temps (1976). C’est avec L’Ami américain (1977), dérivé d’un roman de Patricia Highsmith, que Wenders commence d’acquérir une dimension internationale, qu’il va ensuite s’appliquer à creuser en répondant à une commande de Francis Ford Coppola : divers conflits empêcheront Hammett (1982) de devenir le film qu’il rêvait, mais de cette expérience délicate il tirera la matière du magnifique État des choses (1982). Palme d’or à Cannes en 1984 pour Paris, Texas, écrit par Sam Shepard, Prix de la mise en scène en 1987 pour Les Ailes du désir, le cinéaste est alors l’incarnation même de l’auteur de films, notion d’origine européenne qui à cette époque gagne jusqu’à Hollywood.



Cinéphile averti, qui s’est formé à la fin des années 60 grâce aux programmes de la Cinémathèque française, Wim Wenders s’est toujours tenu au plus près des cinéastes qu’il admirait, rendant hommage à Yasujiro Ozu (Tokyo-gâ), filmant l’agonie de Nicholas Ray (Nick’s Movie), accompagnant Michelangelo Antonioni sur le plateau de Par-delà les nuages (1997). Tout en continuant de réaliser des films de fiction, il est devenu un auteur majeur de documentaires et a rencontré le succès aussi bien avec Buena Vista Social Club (1999), qu’avec Pina (2011) ou Le Sel de la Terre (2014). Devenu lui-même photographe, il mène depuis des années une réflexion passionnante sur l’image, qu’il approfondit également par son travail sur la 3D, procédé constitutif de son nouveau film, Everything will be Fine, dans les salles françaises le 22 avril. De tout cela il sera question le 14 avril au Forum des Images.


Ayant grandi à Coblence et Oberhausen, Wim Wenders commence des études de médecine et de philosophie, mais les interrompt pour aller passer un an à Paris, où il fréquente assidûment la Cinémathèque. En 1967, il entre à l'Ecole supérieure du cinéma et de la télévision, à Munich. Parallèlement, il écrit des critiques de films pour le journal Süddeuttsche Zeitung et la revue Kritik. Il termine sa formation en tournant en 1970 Un été dans la ville, qui n'a jamais pu être distribué pour des raisons de droits musicaux.


Pour son deuxième long métrage, il adapte un roman de Peter Handke, L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty, qui marque le début d'une fructueuse collaboration avec l'écrivain, ainsi qu'avec l'acteur Rüdiger Vogler. Wenders signe ensuite une "trilogie du voyage", composée des road movies contemplatifs Alice dans les villes, Faux mouvement et Au fil du temps, un film en noir et blanc de trois heures qui lui vaut sa première sélection au Festival de Cannes.


En 1977, Wim Wenders élargit son horizon cinématographique en tournant entre l'Europe et les Etats-Unis L'Ami américain, un thriller tiré de l'oeuvre de Patricia Highsmith avec Dennis Hopper dans le rôle de Tom Ripley. Acceptant une commande de Francis Ford Coppola, il réalise Hammett, un hommage au célèbre auteur de polars. Mais cet amateur de littérature est également un cinéphile averti. Il le prouve en co-dirigeant Nick's movie (1980) avec Nicholas Ray, Tokyo-ga, une déclaration d'amour au cinéma d'Ozu, et, plus tard, Par-delà les nuages (1995), sur lequel il sera l'assistant de luxe du maître Antonioni.