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Masterclass - Michael Haneke - VF

10.13.2012

Samedi 13 octobre 2012 à 18h, rencontre avec Michael Haneke au Forum des Images, animée par Pascal Mérigeau. “Le plus grand metteur en scène vivant.” Le mot est de Jean-Louis Trintignant, prononcé le 27 mai dernier à l’heure où Amour, dont l’acteur est l’extraordinaire interprète, venait de se voir décerner la récompense suprême du Festival de Cannes. Cette Palme d’or est la deuxième que remporte Michael Haneke, trois ans après celle attribuée au Ruban blanc, son film précédent. Deux Palmes d’or coup sur coup, c’est un exploit rarissime, qui témoigne de la stature acquise désormais par ce cinéaste de 70 ans, dont les travaux ont longtemps déconcerté, jugés souvent provocateurs, parfois obscurs. C’est que, à ses yeux, l’expérimentation et le classicisme en viennent à se confondre, ce dont ses films rendent compte admirablement.

 

 

Michael Haneke a soumis à la question les flots d’images déversés chaque jour (Benny’s Video, 1992), interrogé la représentation de la violence (Funny Games, 1997, remake américain en 2007), offert à Isabelle Huppert plusieurs de ses rôles les plus marquants (Prix d’interprétation à Cannes pour La Pianiste, en 2001), sondé les tréfonds de l’âme humaine dans la société moderne (Code : inconnu, 2000; Caché, 2005), composé en images noir et blanc somptueuses la vie d’un village allemand à la veille de la Première Guerre pour comprendre comment le nazisme avait pu naître et s’épanouir (Le Ruban blanc, 2009). Il est aussi, depuis de nombreuses années, un professeur respecté, qui avec ses élèves explore sans relâche un art dont il est devenu un expert : montrer ou cacher, tout le cinéma est là, Amour le démontre avec éclat. 

 

Le 13 octobre au Forum des images, Michael Haneke sera présent pour le dire, séquences à l’appui. Cinéaste d’une rigueur extrême, soucieux de contrôler jusqu’au moindre détail de ses films, avant, pendant et après leur réalisation, Michael Haneke a également mis en scène “Don Giovanni” à l’Opéra Bastille et prépare actuellement un “Cosi fan tutte” qui sera donné à Madrid en janvier 2013.

 

  

Fils d'une actrice allemande catholique et d'un metteur en scène protestant, Michael Haneke grandit en Autriche. Étudiant en philosophie et en psychologie à Vienne, il monte des pièces de théâtre avant d'écrire et de réaliser de nombreux téléfilms jusqu'au début des années 90. Refusé par les chaînes de télévision, Le Septième continent devient son premier long métrage de cinéma en 1989. Ce film inaugure une trilogie sur la "glaciation émotionnelle" ("emotionale Vergletscherung") qui se poursuivra avec Benny's Video (1992) et 71 fragments d'une chronologie du hasard (1994). Sélectionnés à la Quinzaine des Réalisateurs, les trois films, bâtis autour de faits divers, sont des constats dérangeants sur la violence dans les sociétés modernes, la désintégration des familles et le pouvoir des médias. Présenté en compétition à Cannes, Funny Games crée une onde de choc en 1997. Récit de la séquestration d'une famille par deux ados sadiques, cette œuvre éprouvante choque de nombreux spectateurs. Interrogé par Télérama à propos de cette hostilité, le cinéaste aux airs de professeur austère répondra : "Je trouve cela normal. Quand on vous donne une gifle, vous réagissez." 

 

Devenu un des auteurs les plus cotés du cinéma européen, Michael Haneke engage Juliette Binoche pour Code inconnu, film-puzzle sur l'immigration, l'exil et l'incommunicabilité, tourné en partie en France. Le réalisateur connaît un grand succès avec son film suivant, La Pianiste, pour lequel il fait appel à une autre comédienne française, Isabelle Huppert. S'inspirant d'un roman de sa compatriote Elfriede Jelinek, il brosse le portrait d'une femme autoritaire et frustrée, écartelée entre une mère possessive et un jeune amant. En 2001, à Cannes, le film remporte le Grand Prix ainsi que des Prix d'interprétation pour Huppert et Magimel. Après Le Temps du loup, intrigante fable apocalyptique, Haneke convoque les fantômes de la guerre d'Algérie dans Caché, tourné à Paris en 2005. A Cannes, un Prix de la Mise en scène vient saluer cette œuvre oppressante, dont le personnage principal, aux côtés du couple Auteuil-Binoche, est une mystérieuse caméra. 

 

Après avoir secoué les spectateurs français, c'est pour adresser un message au public américain qu'il réalise en 2007 un remake de Funny Games avec Naomi Watts et Tim Roth. Il retrouve sa langue maternelle avec Le Ruban blanc, réflexion subtile et troublante sur les racines du nazisme à travers le portrait d'un village allemand en 1913. Ce film en noir et blanc qui tient à la fois de la fable, du film historique et du thriller, décroche en 2009 la Palme d'Or à Cannes, une récompense qui avait jusqu'alors toujours échappé à Haneke. Le cinéaste autrichien regagne la Croisette en 2012 avec son poignant Amour, film sur la fin de vie et la souffrance de l'être aimé, qui remporte une deuxième Palme d'Or, classant ainsi le cinéaste parmi les rares réalisateurs à avoir été doublement primés à Cannes.

 

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