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Masterclass - Asghar Farhadi - VF

06.28.2012

Jeudi 28 juin 2012 à 19h, rencontre avec Asghar Farhadi au Forum des Images, animée par Pascal Mérigeau. Un coup de tonnerre. L’effet produit par Une séparation partout où le film est passé fut celui-là en effet. Un coup de tonnerre parce que le film d’Asghar Farhadi a suscité une unanimité critique et publique devenue très exceptionnelle de nos jours. Un coup de tonnerre également en ceci que s’il est rare qu’une production ni américaine ni française, ni même européenne, rencontre le succès, personne sans doute n’aurait pu imaginer qu’un film iranien soit vu en France par plus d’un million de spectateurs.

 

 

Pourtant, les chiffres ne sont que pour mémoire, et encore à peine, il importe bien davantage que cette réussite soit celle d’un immense cinéaste, aujourd’hui courtisé par les producteurs et les acteurs du monde entier. Asghar Farhadi était alors âgé de trente-neuf ans seulement, mais les cinéphiles avaient repéré déjà son À propos d’Elly (2009), chronique magnifique d’une disparition, et auparavant, pour quelques-uns, La Fête du feu (2006), deux films parmi les cinq qu’il a réalisés à ce jour et qui témoignaient déjà des mêmes qualités d’écriture, d’interprétation, de réalisation. Farhadi travaille longuement avec ses acteurs avant le tournage, “tant que c’est nécessaire, dit-il, tant que leur texte ne leur est pas devenu si naturel qu’à l’écran ils paraîtront l’improviser”, c’est une des données essentielles de son cinéma, qui active par ailleurs des mécanismes scénaristiques dont la virtuosité extrême est mise au service du dénudement des comportements humains au sein de la société. 

 

Cette société est celle de l’Iran, mais au-delà de particularismes aisément repérables, les tensions, les ressorts, les enjeux sont universels. Entre autres et nombreux mérites, les films d’Asghar Farhadi offrent la confirmation que le cinéma ne peut jamais prétendre mieux à l’universalité que lorsqu’il s’attache à décrire le particulier. Que l’auteur soit également écrivain et dramaturge n’est certes pas anodin, et ses références sont pour la plupart littéraires et théâtrales, plus que cinématographiques. De tout cela, il sera question avec lui au Forum des images le 28 juin au soir, un an après la sortie en France d’Une séparation, à quelques semaines seulement du début du tournage, à Paris, de son nouveau film, avec notamment Tahar Rahim.

 

 

Diplômé des Universités de Téhéran et de Tarbiat Modarres, le jeune iranien s'intéresse à l'écriture théâtrale avant de se tourner ensuite vers le cinéma. En 1986, il fait partie du département de la Société du Cinéma de Jeunesse d’Ispahan où il tourne plusieurs courts métrages. Il s'essaye à la réalisation de séries télévisées puis fait connaître son nom dans le monde du cinéma en 2002, grâce à sa collaboration avec le cinéaste Ebrahim Hatamikia en tant que co-scénariste, pour le film Low Heights. 

 

En 2003, il réalise son premier long métrage : Dancing in the dust, qu'il coécrit avec Alireza Bazrafshan et Mohammad Reza Fazeli. Un an plus tard, Farhadi se lance dans la réalisation de son deuxième film qu'il intitule Les Enfants de Belle Ville. Sorti en France en 2012, ce drame s'intéresse au sujet de la peine de mort qui est encore très appliquée en Iran. En 2006, le talent du réalisateur est salué au Festival international du film de Chicago grâce à La Fête du feu, son troisième long métrage qui reçoit le Hugo d'Or. 

 

Multipliant les collaborations avec plusieurs réalisateurs, Farhadi connaît une année 2008 extrêmement productive en scénarios. Il écrit en effet un film pour Parisa Bakhtavar (Tambourine), puis travaille respectivement avec Kambuzia Partovi et Mani Haghighi sur les scénarios de Shab et de Canaan. Pareillement, en 2009, le cinéaste participe avec ses idées scénaristiques à la création du film de Masud Kimiai : Mohakeme dar khiaban. Il réalise la même année A propos d'Elly pour lequel il reçoit l'Ours d'argent du Meilleur réalisateur à Berlin. Pour ce film, Farhadi révèle un nouveau talent qui vient s'ajouter à l'écriture et à la réalisation, celui du chef décorateur. 

 

Réunissant ces trois atouts, le cinéaste iranien est également chef costumier sur son film qui lui offre la consécration internationale : Une Séparation, et qui s'inscrit dans son univers iranien penché sur la société et la complexité de l'être humain. Réalisé en 2011, ce film est couronné de prix dans plusieurs festivals. Il reçoit notamment l'Ours d'Or du Meilleur film, le César du Meilleur film étranger, ainsi que l'Oscar du Meilleur film étranger. En 2013 sort en salles Le Passé, premier film du réalisateur tourné en France avec les très en vogue Bérénice Bejo et Tahar Rahim. Le film explore certains des principaux sujets définissant le cinéma de Farhadi, à savoir le divorce et les conflits familiaux. 

 

En attendant de pouvoir tourner un projet de film en Espagne (produit par Alexandre Mallet-Guy et Pedro Almodóvar), le metteur en scène revient en Iran et livre Le Client, drame urbain pour lequel il retrouve ses acteurs fétiches Shahab Hosseini, Taraneh Alidoosti et Babak Karimi. Le long métrage est présenté au Festival de Cannes 2016 et obtient le prix d'interprétation masculine pour Hosseini et celui du scénario pour Farhadi.

 

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