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Rétrospective Claire Denis à la Cinémathèque française


En 1988, les festivaliers du 41ème festival de Cannes découvrent Chocolat, premier long-métrage de Claire Denis, prenant la forme d’un écho informel à son enfance passé au Cameroun. Le thème colonialiste servait ici de décor aux expérimentations sensibles d’une femme au caractère abstrait, attirée par les formes et les émotions humaines dans toutes leurs diversités. Deux ans plus tard, Claire Denis pose les bases d’un cinéma singulier qui exercera sur son public une fascination personnelle et intemporelle : S’en fout la mort met en lumière l’amour de Denis pour les marginaux et pour un une mise en scène qui, à leur image, se démarquera perpétuellement.

Celle qui fut autrefois assistante de cinéastes telles que Robert Enrico, Jim Jarmusch ou Wim Wenders, entame à plus de 40 ans une carrière qui s’enrichira de titres comme J’ai pas sommeil ou Beau travail, et jusqu’au controversé Trouble Every Day, présenté en 2001 à Cannes en séance de minuit, devant des spectateurs tantôt outrés, tantôt transcendés par la singularité du métrage. Le conflit amoureux, la pulsion charnelle, la domination des sentiments et des corps y est retranscrite avec un calme et une violence tout à fait saisissante, qui feront de ce film une véritable source d’inspiration et de réflexion pour toute une génération désireuse de travailler son art avec pour mots d’ordres, l’amour et l’étrange.

« Il y a dans l’amour quelque chose de très grave. On met sa vie en jeu chaque fois, dans un amour. On joue le tout pour le tout » confiait encore Claire Denis cette année, durant la post-production de Un beau soleil intérieure, qui sort cet automne et sera présenté en avant-première à la Cinémathèque, le 25 septembre à 20h30.

Pour Bernard Payen, Claire Denis a tissé en trente ans « la fragilité des affections : le lien entre une mère et son fils qui lui échappe et qu'elle ne comprend plus (J'ai pas sommeil), le lien entre une enfant et Protée, le boy noir d'une famille de colons au Cameroun (Chocolat), le lien entre un père et son fils (L'Intrus), ou entre un père et sa fille (35 rhums), entre un frère et une sœur (Nénette et Boni), les liens voraces, vampiriques entre les personnages de Trouble Every Day ou encore ce lien amoureux si difficile à reconstruire comme le vit Isabelle (Juliette Binoche), la cousine fictionnelle de Laure (le personnage de Vendredi soir, écrit par Emmanuelle Bernheim), dans le nouveau film de Claire Denis, Un beau soleil intérieur, dont l'auteur est aussi une écrivaine, Christine Angot. La plupart de ses films reprend souvent la figure narrative de l'entrelacement (ou du désentrelacement) pour évoquer la difficulté du rapport filial et l'oscillation des désirs amoureux. »

Ce sont ces liens et cette approche que nous aurons l’occasion de découvrir ou re-découvrir à travers la rétrospective complète que consacre la Cinémathèque Française à Claire Denis. Un événement qui aura pour point d’orgue une rencontre avec la cinéaste, une leçon de cinéma qui se tiendra ce mercredi 27 septembre à 19h30.

Béatrice Dalle et Agnès Godard viendront présenter « Trouble Every Day » samedi 30 septembre à 17h, pour discuter respectivement de leur travail d’actrice et de directrice de la photographie auprès de Claire Denis. Quant à l’acteur Grégoire Collin, il introduira la séance de « Beau Travail » le dimanche 1er octobre à 19h.

#Cinémathèque #Rétrospective

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